Lutter contre la fraude ou améliorer le système? – Episode 2/2

Dans un tel contexte de désorganisation et de pratiques hétérogènes des professionnels, allouer de nouvelles enveloppes aux établissements de santé ou accéder aux demandes d’augmentation pourtant légitimes des professionnels de ville sans une vision et une réorganisation de l’ensemble du système, c’est arroser le Sahara.

Paradoxalement, l’omniprésence dans les discours de la notion de « parcours de soin » et l’absence de mesures structurelles poussent de manière inéluctable et directe l’activité de soins de ville vers l’hôpital et au sein des hôpitaux vers les établissements les plus importants.

Le nœud de toute amélioration est dans la stabilisation des soins en médecine de ville car l’essentiel des soins relève d’une pratique ambulatoire. La petite partie des soins qui relève des établissements sont des soins importants, lourds, couteux. Utiliser les outils de ces soins essentiels pour des soins qui relèvent de l’ambulatoire explique pourquoi notre système de santé est le système solidaire le plus cher du monde.

La clé de toute amélioration réside dans :

–          le recours aux professionnels de santé volontaires pour exercer selon de nouvelles pratiques tant les organisations de représentation des professionnels ont démontrées depuis des décennies leur opposition à toute autre mesures que des augmentations tarifaires ;

–          le recours aux patients sans l’appui desquels aucune structuration ne peut s’inscrire dans un temps long.

Organiser les soins c’est offrir de meilleures garanties de qualité et sécurité aux patients et aux professionnels.

Faire appel à l’intelligence et s’appuyer sur ceux qui souhaitent améliorer le système de prise en charge du patient et qui aujourd’hui multiplient les projets et initiatives est la seule façon d’agir.

Se former et utiliser au quotidien les référentiels de pratiques, organiser les sorties précoces de l’hôpital, développer la chirurgie ambulatoire, coordonner l’intervention des soignants autour d’un malade, etc., les pistes ne manquent pas pour avancer et réformer.

La méthode de toute amélioration réside dans la formulation d’orientations de santé publiques :

–          accès aux soins pour tous,

–          tarifs négociés au juste prix pour les professionnels et remboursés aux malades,

–          répartition sur tout le territoire,

–          pratiques transparentes assises sur des référentiels issus des pouvoirs publics ou des professionnels,

–          responsabilité des professionnels sur engagements.

Le levier de la réussite réside lui dans la souplesse juridique et financière qu’il convient de dégager pour ces pratiques innovantes. De ce point de vue, appliquer un bonus-malus pour inciter les regroupements de collectivités territoriales peut s’appliquer à la santé.

Améliorer la prise en charge des patients et réorganiser le système de santé dans notre pays où le « NIMBY[1] » aurait presque tendance à être érigé au rang d’art de vivre, implique de s’appuyer sur les professionnels qui sont prêts à agir en responsabilité.

C’est tout le sens de l’action de l’association Soins Coordonnés® que je préside. Les volontaires sont nombreux, nous attendons tous les autres.

[1] NIMBY : Not In My BackYard littéralement, pas dans mon arrière-cour.

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