En finir avec Sophia et donner aux professionnels les moyens de faire

Comme en atteste l’IGAS qui a mené une mission d’évaluation transversale de la politique de santé publique relative à la prise en charge de la première des maladies chroniques en France, le diabète compte 110 000 nouveaux malades par an, 500 000 personnes sont diabétiques sans le savoir et donc sans être traitée, 3 millions de personnes atteintes – soit bientôt 5% de la population – des résultats de santé pas brillants, des complications  toujours aussi nombreuses, une souffrance réelle et des attentes légitimes.

La même mission a mis en exergue que le coût de prise en charge du diabète progresse chaque année de plus un milliard d’euros tout en interrogeant la qualité de la prise en charge des malades à tous les niveaux. Cet état des lieux est révélateur de l’impuissance de notre système de soin à s’adapter à la prise en charge des maladies chroniques. Et à répondre à la souffrance des malades autrement que par la compassion

L’exercice isolé des professionnels de santé ambulatoires  sans personnel et sans moyens en même temps que les difficultés à sortir du paiement à l’acte et développer les coopérations pluri-professionnelles sont deux des raisons de l’état de délabrement de notre système à quoi se rajoutent les réponses apportées à ce dramatique état des lieux par l’Assurance Maladie.

Celle-ci a conçu un « service des maladies chroniques » dont le premier maillon est Sophia pour le suivi des diabétiques. La sagesse était convoquée d’emblée mais rien ne s’en éloigne davantage que cette décision de l’organisme en charge du risque et de la liquidation, de sortir de son rôle pour mettre un pied dans la prise en charge des malades.

Concrètement, les employés de l’Assurance Maladie appellent les malades repérés dans ses fichiers par leur consommation de médicaments antidiabétiques. Par téléphone, ces employés non soignants donnent des conseils aux malades relativement au suivi de leur maladie.

Le côté « pieds nickelés » du dispositif pourrait prêter à sourire s’il ne s’agissait de malades.

Le soin est une affaire de soignant.

Chacun comprend bien qu’il s’agit pour le directeur de l’Assurance Maladie de peser sur les négociations tarifaires et de montrer qu’il sait faire sans les soignants et pour bien moins cher. Choisissant seul les critères de recrutement et de suivi, les indicateurs d’évaluation et le décompte des coûts, la conclusion s’impose avec d’autant plus de facilité que l’Assurance Maladie-évaluateur peut directement féliciter l’Assurance Maladie-prestataire pour sa prestation de grande qualité.

Personne n’est dupe comme en atteste le récent avis de l’IGAS qui souligne la vacuité du dispositif. Pourtant, Sophia a encore de beaux jours devant elle et le « service des maladies chroniques » de l’Assurance maladie projette d’étendre ses activités de « soin sans soignants » vers l’insuffisance cardiaque et bientôt d’autres maladies.

Pour autant, les résultats affichés par Sophia servent de justificatif pour continuer de stigmatiser les professionnels et leur refuser les moyens de faire.

Car l’Assurance maladie a toutes les cartes en main, y compris celles de débloquer la situation en permettant le développement des coopérations pluriprofessionnelles, la sortie de la tyrannie du paiement à l’acte et la dotation des équipes de soins de ville ambulatoires en moyens pour éviter les hospitalisations inutiles. Tout cela coute au final moins cher que le dispendieux « service des maladies chroniques de l’Assurance maladie »

Est-il possible pour l’Assurance Maladie en charge de la gestion du risque et des tarifs des soins de mettre un terme à sa politique de désorganisation des soins?

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Une réflexion sur “En finir avec Sophia et donner aux professionnels les moyens de faire

  1. arnaud dit :

    avant de faire le service sophia il serait plus utile d aider les malades qui demande a se que la securite sociale les aide pour l achat du systeme NAVIGATOR car pour ces personnes il est vital d avoir ce systeme de surveillance de glycemie,pour eviter les commas .mais méme pas la ministre de la santé a dégner rêpondre aux courriers recommande que j ai fait en 2008-2009 .je suis tres bien surveiller par mon préstataire l ARRARD et mon medecin

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