Soins Coordonnés interrogé sur les coopérations interprofessionnelles dans le Moniteur des Pharmacies

moniteur-pharmacies

Le Moniteur des Pharmacies  présente une édition spéciale sur l’avenir du métier de pharmaciens détaillant les réflexions des représentants de la profession, des partenaires de l’officine et de la société civile.

Pour accompagner la rédaction de ce numéro inédit, Soins Coordonnés, et plus particulièrement son Président, Martial Olivier-Koehret, ont été sollicités pour intervenir avec d’autres participants (pharmacien, infirmiers, médecins…) sur la thématique de la coopération interprofessionnelle.

Pour en savoir plus, cliquez ici

Pour consultez le site du Moniteur des Pharmacies

Interview dans Egora : « Le C à 25 est une erreur »

Convention médicale par Catherine Le Borgne le 25-06-2016

« Le C à 25 est une erreur et ne résoudra rien »

Co-créateur de l’association Soins coordonnés et ancien président de MG France, le Dr Martial Olivier Koehret juge très durement les négociations conventionnelles en cours. Elles se résumeraient à une surenchère tarifaire sur fond de concurrence syndicale.  Alors que les problèmes aigus d’organisation des soins, de désertification médicale et de désaffection de la médecine générale ne sont pas traités.

[…]

Cliquez ici pour consulter l’intégralité de l’article

« Chers » médicaments

Une tribune de Soins Coordonnés  du 24 juin 2016

 

La campagne « non affichée » de Médecins du Monde sur les prix des médicaments a suscité de vifs émois ces derniers jours.  Et pour cause, comme d’autres auparavant (les cancérologues notamment), l’association qui intervient aux côtés des plus défavorisés, alerte l’opinion publique sur le prix élevé de certaines thérapeutiques.

Il ne s’agit pas de discuter ici de la forme de cette campagne ni de sa tonalité : le choix de marquer les esprits implique une simplification de la problématique. Dont acte.

Ce qui nous importe davantage, c’est la mise en lumière d’une problématique qui est trop souvent occultée : celle de l’accès aux soins.

 

Par le passé, plusieurs épisodes de fixation de prix ont fait couler beaucoup d’encre. Pour lutter contre certains cas de DMLA, le Lucentis doit être injectée dans l’œil plusieurs fois pour prévenir la cécité au prix de près de 800 euros la dose. Des études semblaient pourtant souligner que l’Avastin, qui n’était pas alors autorisé en France,  bien que trente fois moins cher, était tout aussi efficace que le Lucentis pour traiter la DMLA. Il a fallu attendre 2015 pour que l’Avastin obtienne une autorisation d’utilisation à ces fins thérapeutiques.

 

Dans le cadre du traitement de l’Hépatite C (voir notre tribune du 26 mai 2016), le prix de la molécule lui aussi très élevé pose question. Moins onéreux chez nos voisins européens, cette thérapeutique n’était également réservée qu’à un nombre restreint de patients atteints par l’Hépatite C. Si la ministre de la Santé a annoncé que les indications en seraient élargies, le prix demeure toujours un frein pour le moment et reste plus élevé dans notre pays que dans les autres.

 

Ces exemples ne font que souligner le fait que la question de l’accessibilité des soins est devenue  incontournable. Du point de vue du patient, plus un traitement est cher, plus il est difficile d’y accéder sans complémentaire santé conséquente ou sans bénéficier du régime ALD. Du point de vue de l’Assurance Maladie, les efforts de remboursements considérables sur ces sommes immenses obligent les pouvoirs publics à faire des choix vis-à-vis du remboursement d’autres thérapeutiques. Les gouvernements successifs ont donc organisé le déremboursement de nombreux médicaments. Et pourtant, on comprend que pour le patient qui y a recours régulièrement, le poids pécuniaire de ce médicament au départ sans conséquence soit de plus en plus impactant.

 

Au travers de sa campagne choc, Médecins du Monde interroge deux points d’importance :

  • Comment fixe-t-on le prix du médicament en France ?
  • Ne serait-il pas temps d’ouvrir le débat sur ces tarifs et dans ce cas, comment procéder ?

 

Evidemment, plusieurs dynamiques sont ici à l’œuvre. L’émotion suscitée par de telles questions complique l’abord et l’analyse de ces questions : on discute de pathologies lourdes qui ne font que s’accroître dans un contexte d’explosion des maladies chroniques. Les médicaments et leur prix ont évidemment un impact direct sur la vie quotidienne des patients.

D’autre part, la forte capacité financière de notre pays ouvre la voie aux abus de fixation de prix. Nous sommes parmi les Etats les plus dépensiers en matière de santé.

Enfin, le mécanisme de fixation des prix, via le CEPS (bientôt intégré à l’ANSM) demeure opaque.

 

L’accès aux soins ne pourra être garanti sans en passer par de véritables engagements durables et a minima l’ouverture de réflexions d’envergure sur 3 thématiques au moins :

  1. Il est grand temps d’ouvrir le débat et de défendre la nécessité de la transparence du prix des traitements. Si le prix industriel doit être fonction de l’investissement et des dynamiques de recherche engagée, il ne devrait en aucun cas dépendre de la capacité financière du pays ou des mécanismes de négociation des prix.
  2. La multiplication de thérapeutiques de plus en plus coûteuses pour des échantillons très ciblés de patients devra inciter à faire des choix sur les traitements remboursés. A quel prix ? Pour qui ? Il s’agit d’un débat citoyen qui concerne chacun.
  3. L’utilisation des données de santé est une opportunité à saisir pour suivre les patients recevant une thérapeutique donnée, ses conséquences effectives, la comparer avec une autre et déterminer les interventions thérapeutiques les plus efficaces du parcours du soin du patient. La sous-utilisation du big data ne permet pas aujourd’hui d’ouvrir la possibilité de construire des chemins thérapeutiques logiques au long cours respectant l’efficience et la sécurité.

 

Dans tous les cas, l’amélioration de l’accès aux soins ne pourra se faire sans une politique de fixation des prix transparente et optimisée, tenant compte de l’innovation et de l’amélioration des parcours de soins des patients.

Soins Coordonnés, 24 juin 2016

Cette tribune a été publiée dans Les Echos le 30 juin 2016, pour la consulter, cliquez ici.

Revaloriser les médecins généralistes : Oui. Revaloriser toutes les consultations: Non !

Retrouvez ici la tribune de Martial Olivier-Koehret sur les revalorisations de consultations parue le jeudi 2 juin 2016 dans le Huffington Post.

 

tribune revalorisation

L’annonce d’une revalorisation prochaine de la consultation des médecins généralistes est une bonne nouvelle: le tarif est bloqué depuis plusieurs années et le différentiel de rémunération entre médecins généralistes et médecins spécialistes est une des causes de la désaffection de la médecine générale.

En effet, année après année, les médecins fuient la médecine générale. Les déserts médicaux continuent de gagner du terrain. Dans plus du tiers de notre pays, trouver un médecin traitant devient difficile.

Une catastrophe sanitaire sous nos yeux

Le remarquable travail de l’ordre des médecins sur la démographie des médecins (voir l’atlas 2016 de la démographie médicale en France publié jeudi 2 juin) décrit à chaque décompte la catastrophe sanitaire qui se déroule sous nos yeux: dans les zones déjà pourvues, les médecins, spécialistes d’une part et généralistes d’autre part (dont beaucoup de MEP, « modes d’exercice particulier »), continuent à s’installer; ils sont de plus en plus rares à s’installer en revanche là où l’exercice quotidien est difficile.

Rémunérations moins attractives et contraintes plus nombreuses: les médecins fuient l’exercice de la médecine générale dans les zones rurales et péri-urbaines. Ils préfèrent l’exercice spécialisé, salarié ou en cabinet à proximité des hôpitaux dans les centres-villes.

Bien que ce mécanisme soit connu, les mêmes politiques se répètent (en particulier depuis le tournant de la convention de 2005 (1)) et ont conduit à la catastrophe sanitaire actuelle. Les discussions en cours de la convention médicale prennent malheureusement le même chemin. Suppression des forfaits actuels dont ceux à destination des médecins généralistes des zones sensibles remplacés par des augmentations d’actes et un forfait accessible à tous.

La nouvelle convention doit porter sur l’accès aux soins de tous, sur tout le territoire

Bien sûr qu’il faut revaloriser la consultation des médecins généralistes et organiser le basculement des rémunérations vers des forfaits pluriprofessionnels (qui à terme doivent devenir l’essentiel des rémunérations des soins primaires).

En revanche, revaloriser l’ensemble des consultations est une erreur: tout l’effort de la nouvelle convention doit porter sur l’accès aux soins de tous, sur tout le territoire et donc prioritairement dans les zones déficitaires.

La bombe à retardement des déserts médicaux mérite une autre réponse que des majorations d’actes pour tous et la suppression des actuels forfaits pour les médecins des zones défavorisées. La population a besoin de médecins généralistes de plein exercice -ceux-là même qui prennent en charge l’ensemble de la population: bébés, personnes âgées y compris à domicile et les malades chroniques de plus en plus nombreux.

Pour sauvegarder notre système de santé, l’effort conventionnel dans sa globalité doit être porté sur les zones difficiles et vers les médecins généralistes les plus exposés.

Martial Olivier-Koehret

(1) Retour à une convention unique pour tous les médecins libéraux

Pour consultez l’article sur le site du Huffington Post : http://www.huffingtonpost.fr/martial-olivierkoehret/medecins-generalistes-revaloriser-consultations_b_10256460.html

 

Le pharmacien devrait pouvoir aller plus loin dans son rôle de dépannage – Interview de Martial Olivier-Koehret dans le Moniteur des Pharmacies

Le magazine Le moniteur des pharmacies a publié le 14 mai une interview de Martial Olivier-Koehret sur les évolutions du rôle du pharmacien dans l’organisation des soins.

Retrouvez ici l’article.

160530 - Article moniteur pharmacie MOK

Consultez le site du Moniteur des pharmacies.

 

 

 

 

Hépatite C: Traiter à égalité les malades ne masque pas les dysfonctionnements actuels de notre système de santé

huffposttribune

Nous avons publié hier une tribune dans le Huffington Post au sujet de l’accessibilité des traitements contre l’hépatite C (pour la consultez cliquez ici ) .
Dans l’intervalle, le Ministre de la Santé, Madame Touraine, ayant annoncé l’extension de la prise en charge du traitement pour tous les malades, nous avons souhaité apporter ci-dessous des clarifications à notre tribune.

HÉPATITE C : Traiter à égalité les malades ne masque pas les dysfonctionnements actuels de notre système de santé

 L’hépatite C est une maladie qui touche actuellement 350 000 personnes en France (Source : Bulletin épidémiologique).

Même en l’absence de fibrose importante, cette maladie est douloureuse: elle entraîne de la fatigue, des douleurs et une dégradation générale de la qualité de vie. Ses complications peuvent être dramatiques, la principale étant le cancer du foie. L’hépatite C est une pathologie grave, elle nécessite une prise en charge sur une longue durée et induit un coût important pour la société.

Progrès considérable : cette maladie, longtemps incurable, a aujourd’hui un traitement. Il n’est malheureusement pas assez prescrit en France. La raison? Un système de fixation des prix injuste et qui révèle des dysfonctionnements du système de santé. 

Sortir de l’inacceptable : un traitement réservé aux patients en stade avancé

Aujourd’hui en France, la prise en charge du traitement de l’hépatite C par la Sécurité sociale est réservée aux malades dont l’état est passé au stade des complications (patients infectés par le VHC ayant une fibrose de stade 4, 3 ou 2 sévère, ou quel que soit le stade pour ceux ayant une co-infection par le VIH, un lymphome B ou une cryoglobulinémie symptomatique). La principale justification de ces limitations de soins est le coût global du traitement qui varie de 46 000 à 130 000 euros en fonction des combinaisons de médicaments et du profil des malades.

Dans ce contexte, de nombreux malades atteints ne reçoivent pas le traitement approprié car jugés comme n’étant « pas assez gravement atteints ». Certains se tournent même vers des traitements à leurs frais à l’étranger – sans avoir aucune certitude de la bonne qualité de ces traitements.

Les associations de malades se sont mobilisées et la ministre de la santé vient d’annoncer l’extension de la prise en charge du traitement pour tous les malades.

A travers cette sélection de malades puis la mobilisation des malades et au final l’acceptation des pouvoirs publics, notre système de santé montre ses limites.

Des différences de prix entre la France et ses voisins

Au-delà de la souffrance des malades et du sentiment d’injustice, l’approche économique n’est pas optimale. L’ensemble du coût de la maladie, tout au long de son évolution, montre que guérir représente une économie considérable en quelques années, puisque cela permet d’éviter des complications plus onéreuses qu’une prise en charge précoce.

La position des pouvoirs publics de limiter jusqu’à présent l’accès à ces traitements peut se comprendre dans un souci d’équilibre des comptes de santé à court terme, tant le prix de ces traitements est exorbitant. Du côté des patients, le recours au marché parallèle pour se procurer ces traitements se comprend aisément également.

Mais en vérité, ces professionnels de santé et patients se sentent impuissants face à cette situation. Et ce sentiment  est très révélateur des insuffisances et dysfonctionnements de notre système de santé.

Le coût du traitement est exorbitant dans notre pays, mais accessible ailleurs. Il faut comprendre le mécanisme à l’œuvre du côté des lobbys qui organisent la fixation des prix en fonction des ressources supposées de chaque pays. Pascal a encore de beaux jours devant lui : les dits lobbys parient sur l’injustice de laisser des malades de côté et sur l’émotion que cela suscite pour obliger les autorités sanitaires à céder et accepter le prix exorbitant imposé. La séquence prix forts pour un marché limité, puis extension du marché initial à d’autres malades, vient une nouvelle fois de se produire.

Voilà un mécanisme de fixation des prix particulièrement peu glorieux et pour le moins insatisfaisant. Sauf à accepter que les fabricants décident des prix de leurs produits du remboursement par la sécurité sociale et l’adaptent aux capacités financières de chaque pays, en particulier à l’heure de la mondialisation, les différences de prix entre la France et d’autres pays sont aussi inexplicables qu’inacceptables.

Le prix des médicaments et leur remboursement doivent échapper aux lobbies et les pouvoirs publics doivent fixer un prix conforme aux nécessités d’équilibrer les comptes de la sécurité sociale.

Trop de conservatismes et de corporatismes 

Au-delà du prix, la situation dans laquelle on place les malades de l’hépatite C interroge l’organisation même de notre système de santé : dépister une maladie infectieuse qui frappe de nombreux malades, prendre en charge ces malades, les guérir et interrompre la chaîne de transmission du virus constitue une politique logique et vertueuse. Mais la désorganisation des parcours de soins centrés aujourd’hui sur les prises en charge individuelles ne permet toujours pas d’approche populationnelle.

La solution est pourtant à portée de la main : le virage ambulatoire est souhaité par les pouvoirs publics et par les professionnels de santé en exercice. Il est possible de mobiliser les équipes pluriprofessionnelles de soins primaires pour dépister les malades porteurs de ce virus (y compris ceux qui s’ignorent). Il est aussi possible de mobiliser les équipes hospitalières, tout aussi compétentes, pour traiter efficacement et rapidement tous les porteurs de virus.

Pour illustrer ces blocages, les actuelles négociations de la convention des médecins vont aboutir une nouvelle fois à un accord très coûteux pour la sécurité sociale mais sans aucune amélioration de la prise en charge des malades. Le malade doit pourtant primer et les acteurs de santé doivent être mobilisés dans ce sens.

=> Faisons de l’hépatite C, maladie grave qui peut être guérie, une grande cause nationale pour que l’action des professionnels des soins primaires coordonnée avec celle des équipes hospitalières soit victorieuse.

L’hépatite C, grande cause nationale, permettra de réparer l’injustice faite aux malades en facilitant l’accès aux traitements tout en réformant profondément le mécanisme de fixation des prix et remboursements des médicaments et en rendant notre système de santé mieux organisé, capable d’actions en faveur des populations.

Martial Olivier-Koehret

Consultez ici notre tribune du 25/05/2016 et nos clarifications

Soins Coordonnés dans l’Opinion : du lien entre tarifs et déserts médicaux

L’Opinion publiait ce 24 mai un article intitulé Pourquoi les tarifs de consultation variables font tousser l’Assurance maladie

L’article cite notamment Martial Olivier-Koehret :  » sévère sur les conséquences d’un tel système. Il « favoriserait les spécialistes de ville et renforcerait les déserts médicaux » en creusant le « fossé de rémunération » qui existe entre spécialistes et généralistes. A l’inverse de « tous les pays de l’OCDE » qui font un effort spécifique pour les médecins généralistes.« 

Pour le consulter, cliquez ici

Pour lire le flash de l’association Soins Coordonnés, cliquez ici.

Interview de Martial Olivier-Koehret dans Egora « Ce sont des gens proches de la retraite qui négocient l’avenir des jeunes »

EGORA LOGO

Article paru dans Egora

Convention médicale par Catherine Le Borgne le 12-04-2016

Pas content de l’orientation prise par les négociations conventionnelles, le Dr Martial Olivier-Koerhet. A la tête de l’association « Soins coordonnés », l’ancien président de MG France déplore que l’on ne parle que de tarifs, alors que la désertification médicale rend urgent une réflexion sur l’organisation des soins. Il rêve de la mener avec la jeune génération, les professions de santé et les patients. Dans un autre contexte que la convention, trop passéiste. Un cadre à construire.

 

Egora. Vous n’êtes pas content de l’orientation prise par les négociations conventionnelles, dont vous considérez qu’elles semblent se résumer à la problématique tarifaire…

Dr Martial Olivier-Koerhet. Pas content, ce n’est pas tout à fait le mot. Je considère qu’elles ne répondent pas aux préoccupations du moment. Si on regarde le champ conventionnel, il y a bien entendu les tarifs, mais également l’organisation des soins. La loi dit que c’est la convention qui règle les problèmes de démographie, de nomenclature, d’organisation des soins, le champ est vaste, mais il n’est exploré que sur les tarifs alors que de nombreux autres sujets posent question. Aujourd’hui, la convention, elle se résume à une négociation tarifaire.

 

Lors des séances plénières, ces sujets ont été abordés : démographie, coordination et moyens de la coordination notamment. Cela ne vous satisfait pas non plus ?

Non. Je ne vois pas de réponses aux problèmes. J’exerce dans un désert médical, j’ai deux collègues qui ferment ce mois-ci, comme tous les trimestres, et la situation de gens comme moi dans les déserts médicaux devient de plus en plus difficile et je ne vois aucun élément nouveau. Les augmentations de tarifs ne répondent pas à notre problématique d’organisation des soins et cela n’amènera pas des jeunes à travailler dans nos secteurs. En revanche, je vois autour de moi, s’installer des situations dramatiques sans aucune réponse. Et les inégalités de santé progressent.

 

Est-ce que la convention médicale est le bon lieu pour discuter de ces sujets ?

Bonne question. D’après les textes, je constate que c’est le bon lieu, mais je constate qu’il n’y a pas de propositions. Démographie, installation, nomenclature… Les dernières extensions du champ conventionnel médical datent de la loi de 2002.

 

A qui la faute ?

Je ne porte pas d’accusations, je constate. Et cela me désole en tant que professionnel touché par ces sujets donc, je me dis qu’il faut faire quelque chose.

 

Alors, que faire ?

Puisqu’on parle d’argent et de tarifs, pourquoi ne pas développer des forfaits pour favoriser le travail pluri professionnel ? Car au-delà des problèmes évoqués, il y a également celui de mon métier de médecin qui est en train d’évoluer extrêmement vite, où l’on voit arriver des choses sur lesquelles on n’entend personne. Je pense aux consultations d’AXA à 5 euros par an, quasi gratuites. Autre exemple : les généralistes sont pointés du doigt en tant que prescripteurs de Dépakine, alors que le sujet porte sur les grossesses à risque et complexes, qui doivent intéresser plusieurs médecins. Les généralistes ne devraient pas être mis en cause, mais ils le sont.

Dans ce contexte où le métier est mis en cause dans tous les sens et avec toutes les évolutions technologiques, comme les objets connectés, la télémédecine, etc. qui sont tous des dispositifs destinés à contourner le généraliste, je me dis qu’il faut tout de même qu’on se bouge et qu’on améliore les prises en charge des malades. Avec l’irruption du nombre de personnes âgées et de maladies chroniques dans nos activités, il faut inventer pour que les malades restent chez nous.

Le diabète est en train d’exploser. On suivait les malades avec les biologistes et les infirmières, mais aujourd’hui, avec les connections en automatique, plus les pompes à insuline, plus les algorithmes, on va faire quoi, nous ? Nos activités sont en train de partir, il faut donner des réponses. Où organise-t-on les soins ? D’après les textes, c’est dans la convention, mais il n’y a pas de réponse. Dans le cadre de la convention, on évoque des sommes très conséquentes pour les honoraires, jusqu’à un milliard et demi. Pourquoi ne pas proposer une amélioration des prises en charge par le développement de forfaits, qui nous permettraient de développer les services professionnels et de nous réunir pour travailler ensemble. Il y a également l’idée d’un forfait de structure.

 

Ces sujets sont évoqués…

J’en accepte l’augure. Sauf que nous nous situons dans le cadre d’une convention mono catégorielle, et que dans ce cadre, la coordination se pense entre généralistes et spécialistes, ce qui, au vu de mon expérience personnelle, ne représente qu’une toute petite partie de l’activité. La grosse partie de notre activité, c’est le rapport avec le pharmacien, le biologiste, l’infirmière… C’est là où on peut rénover la prise en charge.

 

Faudrait-il inventer un nouveau cadre ? L’UNPS (Union nationale des professions de santé), qui est le cadre où se tiennent les discussions relatives à l’ACIP (Accord cadre interprofessionnel), n’est pas acceptée par tout le monde.

L’UNPS est un regroupement d’organisations mono catégorielles qui sont dans leurs rôles lorsqu’elles défendent leurs mandants et qui essaient d’obtenir le maximum en termes de rémunération. Mais oui, j’en conviens, il faut un nouveau cadre contractuel dans lequel on puisse discuter de cette coordination, des éléments de la coordination, de la rémunération. Ces éléments-là doivent être à égalité entre chaque profession, c’est un autre sujet que celui des tarifs, des revenus de chaque profession et de la retraite.

Sans doute faut-il inventer un cadre, car les organisations mono catégorielles ne sont pas faites pour cela. On a bien vu pour le PAERPA (maintien à domicile des personnes âgées dépendantes), comment le dispositif a été bloqué pendant deux ans par les discussions entre les représentants des kinés, des infirmières et des médecins, au sujet de la clef de répartition de la centaine d’euros du Projet de soins. Chaque organisation était dans sa logique.

 

Les internes et jeunes médecins doivent-ils participer à ces discussions ?

Lorsque j’étais président de syndicat, je les ai toujours emmenés avec moi. Bien entendu, il faut que cela devienne une règle. Il ne faut pas oublier que les sujets dont on discute dans le cadre conventionnel, vont s’appliquer pour l’essentiel aux jeunes. C’est tout de même un paradoxe de constater que ce sont des gens qui travaillent peu ou qui sont près de la retraite, qui mettent en placedes dispositifs qui seront appliqués aux jeunes. Ils doivent tous être présents, sans exclusive. Ensuite, je sais par expérience qu’il y a des phases de discussions qui ne sont pas très transparentes. Alors, si cela devait induire plus de transparence, ce serait très bien. Mais c’est cet œil de l’extérieur que ne veulent pas certaines organisations. Nous ne devons rien cacher aux jeunes, ce sont eux qui vont subir ce que l’on décide.  Ils savent ce qui est utile.

 

Vous décrivez un système conventionnel en fin de course, à côté de la plaque, où l’on valide des systèmes  rapidement obsolètes… Comment faire bouger les choses ?

Il ne faut pas rêver tout remettre à zéro. Je pense qu’il faut associer les jeunes, les patients, qu’il faut poser les problèmes. Et comme les choses se sont déroulées lors des Etats généraux de la santé (EGOS), il faudra à un moment, réunir tout le monde et se poser la question du service rendu à la population, car c’est elle qui paye au travers de ses cotisations et procure notre rémunération. L’accès aux soins est un droit qui s’impose aux professionnels, à eux de s’organiser pour offrir ce service en matière de continuité des soins. Il faudra aussi dire quels doivent être les rapports entre les acteurs de santé de ville, les hospitaliers et les tenants du secteur médico-social. Le suivi des personnes âgées représente 30 % de notre activité, cela ne peut se concevoir sans rapports avec le médico-social. Il faut des coordinations, ces éléments doivent bouger. Une convention chargée de la valeur du C ne répond pas à cela. Il faut donc trouver un autre lieu.

 

Pour consulter l’article sur le site d’Egora: http://www.egora.fr/sante-societe/convention-medicale/209757-ce-sont-des-gens-proches-de-la-retraite-qui-negocient-laven

La prise en charge des personnes âgées – Salon Pharmagoraplus

Martial Olivier-Koehret interviendra sur la prise en charge des personnes âgées lors du salon Pharmagoraplus2016 qui réunira les pharmaciens d’officine à Paris les 2 et 3 avril .

Pour en savoir davantage sur le programme, cliquez ici.

Saint-Sauveur : détecter la maladie de Parkinson

ESTREPUBLICAINLOGOLe médecin luxovien Martial Olivier-Koehret évoquera la maladie de Parkinson, devant le public de l’Université populaire mardi 8 mars.

 

04/03/2016 à 10:34, actualisé à 12:01

« Il y a des images qui collent à la maladie de Parkinson. Les tremblements, par exemple. Mais ce n’est pas le signe principal. Le signe principal, c’est la raideur. Ce qui fait que quand ces patients tombent, ils ont un mal fou à se relever » explique le docteur Martial Olivier-Koehret.

Il animera le 8 mars devant le public de l’université populaire de Luxeuil Saint-Sauveur, une conférence centrée sur la maladie de Parkinson. « À la suite de la conférence centrée sur la maladie d’Alzheimer, il y a eu une grosse demande. Cette demande est cohérente. Parkinson, c’est la deuxième pathologie neuro-dégénérative » commente le médecin luxovien. 150 000 malades en France. « Cela touche 1 % de la population de plus de 60 ans et 2 % au-delà de 70 ans. L’âge moyen de diagnostic, aujourd’hui, c’est 55 ans » livre-t-il. Elle ne se guérit pas. Mais un patient peut vivre longtemps sous traitement. « Pour quelqu’un de 45 ans, ça peut durer trente ans avec la maladie » rassure Martial Olivier-Koehret, soucieux de « donner de l’espoir » aux patients.

« Dans notre langage, on parle d’ailleurs de lune de miel au premier stade. Parce qu’avec les médicaments, il n’y a quasiment pas de problème. Les patients continuent d’avoir une vie sociale. On a même des expériences de gens qui ont passé des thèses. Elle n’est pas synonyme de fin de vie » raconte-t-il.

Il ne cache pourtant pas que les dernières années de vie restent comme pour la maladie d’Alzheimer, éprouvantes. Notamment pour l’entourage d’un malade. « Le quotidien des aidants est dur » sait-il, par expérience.

Pour la MSA, les agriculteurs qui ont été exposés pendant dix ans sont reconnus au titre d’une maladie professionnelle

Parler de la maladie de Parkinson, c’est pour le médecin qu’il est ouvrir la porte à des débats citoyens. De ceux qui servent à définir la politique de santé d’un pays. La question des aidants est au centre de ce débat.

« C’est proche de ce que l’on connaît pour Alzheimer dans l’organisation. Tout retombe sur le conjoint. Parce qu’on manque d’établissements d’accueil. Il y a une grosse disparité départementale » fait-il comprendre. Et cette disparité dépend parfois du dynamisme d’associations comme France Parkinson. « Pour les gens touchés, s’investir dans l’associatif, cela prend du sens », réagit le praticien qui se réjouit que ces associations portent ces questions d’organisation auprès des pouvoirs publics.

L’autre sujet qui concerne toute la société, c’est aussi le fait que le développement de la maladie de Parkinson soit « officiellement rattachée aux pesticides. » souligne Martial Olivier-Koehret qui abordera cet angle devant le public de l’université populaire. « Pour la MSA, les agriculteurs qui ont été exposés pendant dix ans sont reconnus au titre d’une maladie professionnelle. « Il y a de plus en plus d’études autour des pesticides. De ce que l’on mange.» Les épandages massifs jouent dans le fait qu’on la diagnostique de plus en plus tôt, en âge. «Mais il n’y a pas que ce biais des épandages, les pesticides qu’on utilise dans notre jardin comptent aussi. On n’en est qu’au début de la connaissance sur ces questions. C’est la même chose pour le cancer de la vessie » compare-t-il. Et par souci de vérité, il confirme que le tabac et le café ont étonnamment un rôle protecteur en ce qui concerne la maladie de Parkinson. « On apporte un éclairage au public. C’est passionnant » se livre encore le médecin.

La maladie de Parkinson, conférence le 8 mars à 19 h 30, maison des associations de Saint-Sauveur.

Olivier BOURAS

retrouvez cet article sur http://www.estrepublicain.fr/edition-de-vesoul-haute-saone/2016/03/04/saint-sauveur-la-maladie-de-parkinson-par-martial-olivier-koehret